L’entraide et la guérison à Sainte-Scholastique

1er mars 2022

Lorsque les femmes arrivent dans les locaux de l’organisme Liber’Elles, elles apportent des expériences différentes, des situations diverses et des histoires parfois pénibles. Leur vécu peut peser lourd sur leurs épaules, mais c’est une charge qu’elles laissent à la porte avant d’être accueillies chaleureusement par Mélanie Hébert ou par l’une des autres travailleuses s’étant donné comme mission d’alléger leurs troubles.

Croire pour donner confiance
Situé à Sainte-Scholastique, Liber’Elles vient en aide aux femmes du secteur depuis maintenant 18 ans et le bien que font les travailleuses du centre est profondément ancré dans le secteur. Bien que les objectifs de l’organisme soient variés, tous gravitent autour du même fil conducteur : la croyance en le potentiel de chaque femme.

« Pour les femmes avec lesquelles nous travaillons, la confiance en soi est primordiale. Si nous sommes en mesure de leur redonner cela, il y aura des effets positifs dans toutes les facettes de leur vie », indique Mme Hébert qui est coordonnatrice de l’organisme. Pour y arriver, l’équipe de Liber’Elles utilise des discussions et des activités pour faire comprendre à ces femmes qu’il n’y a aucune raison pour laquelle elles ne devraient pas croire en elles-mêmes.

Les interactions profondes sont la clef et elles peuvent uniquement avoir lieu dans un climat d’honnêteté et libre de tout jugement. « Oui nous touchons à des sujets délicats, mais il faut en parler et se dire la vérité pour pouvoir en ressortir plus fortes », explique Mme Hébert. Elle mentionne que nous vivons dans une période pendant laquelle la classe moyenne a de la difficulté et que les thèmes qui se répètent sont ceux de la santé mentale, la détresse, l’isolement, la violence conjugale et la pauvreté.

Parler sans se faire juger
Marie-Paule Jetté, qui participe aux activités de l’organisme, affirme que malgré les problèmes des membres de Liber’Elles, c’est une atmosphère légère qui règne la plupart du temps pendant les rassemblements. « Quand tu n’es pas jugée, comme c’est le cas ici, la communication est plus facile. Même que souvent, on rigole », lance-t-elle.

Voilà plus ou moins quinze ans qu’elle fréquente le centre et qu’elle en profite pour briser son isolement et pour parler de tout et de rien. « Parfois, je ne parle à personne pendant assez longtemps, mais le temps que je passe chez Liber’Elles me permet de me ressourcer », indique-t-elle. Ce sont des moments propices à l’entraide et qui permettent aux femmes d’apprécier leurs différences et de s’encourager dans leur quotidien. « Ça peut être très énergisant », lance Mme Jetté.

Créer un lieu d’entraide
Marie-Pier Ouimet, qui est animatrice pour l’organisme, insiste cependant sur le fait que ses collègues et elles n’ont pas toutes les réponses. « On se pose autant de questions que les dames qui fréquentent le centre », mentionne-t-elle. Mélanie Hébert ajoute à cela que ces questions les suivent, même lorsqu’elles retournent chez elles et devraient pouvoir passer à autre chose à la fin de la journée.

« C’est impossible de se départir entièrement de ce qu’on entend au centre. Même si on sait qu’on ne peut pas faire plus, on a toujours un doute. On peut se sentir impuissantes », confie-t-elle.

Pour les femmes de Liber’Elles qui accueillent toutes celles en situations difficiles, c’est le prix à payer : prendre les doutes et les incertitudes sur leurs épaules pour que les femmes qui passent au centre puissent en avoir moins. Ce fardeau peut s’alourdir, mais elles le portent volontiers afin que toutes sachent qu’il y a à Sainte-Scholastique un endroit serein et ressourçant où l’entraide règne et où chaque femme peut s’épanouir.

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